Tout le monde peut souffrir de trouble anxieux

Ma famille, mes amis, mes consœurs étudiantes, mes succès académiques et un petit ami aimant enrichissaient ma vie universitaire. Un nouvel élément terrifiant s’ajouta soudainement un soir. J’étais au lit et je me suis mise à transpirer à profusion. Mon cœur battait à l’épouvante et je ne pouvais rester étendue. J‘avais l’accablante prémonition d’un grand malheur imminent auquel je ne pouvais échapper. J’appelai mon père et lui expliquai mes symptômes; il me suggéra alors d’aller à l’hôpital. J’ai choisi d’y aller seule parce que je ne pouvais supporter qu’on me voie dans un tel état d’impuissance et de désespoir.

À l’hôpital, croyant que j’étais déshydratée, le médecin me donna des fluides et un médicament pour m’aider à dormir; mais je restais étendue, confuse et en larmes.

Je traversais les journées souriante à l’extérieur, mais l’esprit brisé en dedans. Des gens m’entouraient, mais je me sentais complètement isolée. Je dormais très peu, mangeais très peu et pensais à peu de choses autres que combien pitoyable j’étais. Même si une petite partie de moi comprenait l’angoisse que je ressentais, l’autre partie de moi-même me croyait folle. En fait, je n’étais sure que d’une chose : j’étais seule dans ma condition. J’ai découvert peu près à quel point j’étais dans l’erreur.

Avec le soutien et l’amour de ma famille, j’ai demandé de l’aide, me suis ouverte et ai appris que ce que je vivais était une bataille secrète fréquente chez de nombreux étudiants du collège ou de l’université ainsi que parmi les membres de ma famille. J’ai parlé à ma grand-mère qui avait ressenti les mêmes symptômes à mon âge. Malheureusement pour elle, les ressources de santé mentale étaient très limitées il y a 50 ans. En discutant avec elle, j’ai compris que j’étais génétiquement prédisposée à ce que je vivais et, comme ma grand-mère, je pourrais combattre cette condition.

Quatre ans se sont écoulés depuis ma première attaque de panique et j’étudie actuellement pour obtenir une maîtrise en santé publique. J’ai l’intention de faire la promotion des ressources en santé mentale et de travailler à éliminer la honte associée à la santé mentale. Comme ma famille me l’a démontré, je veux montrer aux autres qui souffrent d’anxiété qu’ils ne sont pas seuls.                                                                          

- Sam

Derrière le masque

Regardant en arrière, la première attaque de panique dont je me souviens, j’étais en sixième année. Je me rappelle être devenue tellement nerveuse que j’ai dû sortir de la classe et me rendre au bureau de la conseillère. Jusqu’à l’âge de 16 ans, je me suis promenée d’un psychiatre à l’autre. Trouver un psychiatre avec qui je pouvais établir un rapport s’avérait un défi. Tout au long de mes études secondaires, je souffrais toujours d’angoisse et de panique; cependant, au début de l’université, l’anxiété et les attaques de panique se sont intensifiées.

La pire crise de panique que j’aie vécue est survenue pendant une classe de biologie au cours de ma première année d’université. J’avais tous les symptômes typiques et de plus, j’ai commencé à être couverte d’urticaire comme jamais auparavant. Les boutons me couvraient le visage, le cou, la poitrine, les bras et tout le dos.

Aux prises avec une attaque de panique, la première chose qu’on veut faire c’est se sortir de la situation qui provoque la crise. Cependant, comme la plupart des professeurs considèrent que sortir pendant leur cours est irrespectueux, j’ai dû rester assise là pendant une heure et demie dans ce piteux état. En arrivant à la maison, je savais que j’avais besoin d’aide. Je n’avais jamais pris d’ISRS. On m’avait simplement prescrit de la benzodiazépine en cas d’urgence. Puisque mon psychiatre était à quatre heures de route, je n’ai eu d’autre choix que d’aller à l’Urgence, une expérience que je n’oublierai jamais. Alors que j’expliquais ma situation au médecin, il m’a donné un ISRS en me disant : « Si vous ne pouvez pas maîtriser vos attaques de panique, peut-être devriez-vous considérer abandonner vos études. » Je me suis mise à sangloter. Je n’arrivais pas à croire que ce médecin avait prononcé ces dures paroles. C’était comme si j’avais eu un cancer incurable en phase terminale.

Comme vous devinez sans doute, je ne l’ai jamais revu. Avec l’aide d’un médecin bienveillant et de mon psychiatre chez moi, j’ai fait l’essai de presque tous les ISRS en pharmacie. Cependant, les effets secondaires étaient tels que j’ai cessé de les prendre. Avec l’aide de thérapie, des livres de croissance personnelle et d’une bonne amie formidable, j’ai réussi à maîtriser mes attaques sans médication.

J’ai rencontré ma meilleure amie Stéphanie par l’entremise de connaissances mutuelles au début de ma première année d’université. Nous partageons les mêmes intérêts, mais ce que j’aime d’elle, ce sont les conseils qu’elle m’a prodigués. Elle voit les choses d’une perspective différente de la mienne. Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai appelée en larmes à cause de ce qui me semblait un cauchemar. Après m’avoir écoutée patiemment, elle mettait mon dilemme en perspective et calmait ainsi mes craintes et mon angoisse. Elle a toujours été là pour moi. Elle ne juge jamais. Je suis tellement heureuse de l’avoir dans ma vie. Même si nous vivons maintenant loin l’une de l’autre, son oreille est toujours prête à m’écouter. Je sais que Stéphanie sera toujours là pour m’aider à traverser les défis que la vie m’apporte et pour cela, je ne saurai jamais la remercier suffisamment.

J’ai maintenant 23 ans et obtiendrai bientôt une Maîtrise en administration des affaires. Bien que je suis encore parfois anxieuse et soucieuse, je n’ai jamais laissé mes troubles de panique et d’anxiété généralisée gérer ma vie; je les maîtrise. Surtout n’ayez pas honte de demander de l’aide. Le premier pas est toujours le plus difficile – vous admettre que vous êtes mal portant. Je peux vous affirmer ceci : si vous décidez de demander de l’aide, votre qualité de vie s’améliorera considérablement. La mienne s’est améliorée.

Sarah